Militante du coeur.




Je n’ai pas l’habitude de prendre position publiquement sur des sujets d’actualité. Je ne sais pas comment on s’y prend et je ne prétends pas avoir cette faculté d’être au courant de tout qui fait de mon opinion une voix qui porte. Je suis une fille qui tente de comprendre ce qui l’entoure, qui apprécie l’ouverture, qui tente d’écouter l’autre. Bref, je milite avec mon coeur.

Je ne suis présentement pas au Québec et, pour une fois, j’ai l’impression qui s’y passe quelque chose de grand. Comme un murmure, un buzz, un vent de changement. C’était dans l’air aux dernières élections fédérales, le Québec prend position. Ceci dit, j’observe à distance l’actualité et je tente de me renseigner. J’ai beau être loin, je l’aime mon Québec. Et quand je vois tout ces jeunes qui se mobilisent pour dire qu’ils en ont assez, je l’aime encore plus. Et quand je comprends qu’ils sont soutenus par d’autres jeunes et moins jeunes et qu’ensemble, ils se rassemblent dans les rues pour s’exprimer, je suis touchée. Mon coeur bat vite. Les gens se parlent, discutent, débatent mais surtout, ils mettent en application ce qui, selon moi, est l’un des fondements du principe d’une société. Ce qui s’avère être si simple et si complexe à la fois comme concept: celui de prioriser le NOUS au détriment du JE. De faire valoir un choix de société plutôt qu’un motif personnel.

Ce mouvement collectif qu’entreprennent les étudiants soulève bien des débats et des réflexions. Malgré leur nombre considérable, je trouve triste de constater que les jeunes ne soient pas pris au sérieux dans leur démarche. Lorsqu’on regarde ça avec un peu de recul, ce sont des individus qui s’opposent à une hausse de frais qui met en péril l’accès à l’éducation. Ils militent pour ne pas subir ce qui est une barrière supplémentaire dans leur cheminement. Je crois savoir que leur parcours scolaire est assez intense pour ne pas en ajouter davantage financièrement.

Je ne sais pas à quel moment dans l’histoire le premier ministre, portant également l’étiquette de représentant populaire, peut se sentir assez confiant dans sa fonction pour mépriser le mouvement étudiant d’une telle façon, qu’il puisse se permettre de lever le nez sur toute une génération à venir de gens qui voteront. Je ne sais pas à quel moment dans l’histoire un individu, parce qu’il est un représentant des citoyens, se considère au-dessus des autres et se donne ainsi le droit de se moquer d’eux. Depuis quand l’âge est devenu un critère de crédibilité quant vient le temps de parler de l’avenir? Cette génération qui s’exprime, qu’est-ce qu’elle doit comprendre de l’attitude du gouvernement? Doit-on attendre que celle-ci soit désabusée, qu’elle perde confiance  envers la société et ses mécanismes de fonctionnement? Peut-on se permettre de perdre l’espoir d’une société plus équitable, qui évolue?

Trop souvent, j’ai entendu des soupirs, senti des abdications, remarqué des épaules qui courbent lorsqu’on parle de politique et de choix de société. Je l’ai mentionné plus tôt, je n’ai pas l’habitude de me prononcer publiquement sur des sujets d’actualité, particulièrement en politique. Je suis franchement dépassée par cet aspect, mais je tente du mieux de mes connaissances de m’en intéresser et de m’impliquer. Pour des raisons évidentes, je ne pourrai pas être du grand rassemblement qui aura lieu ce dimanche pour le jour de la Terre. Pas un mouvement anti-quelque-chose. Un rassemblement d’individus “qui ont à coeur la défense du bien commun, le partage de la richesse, les droits de tous les citoyens et le respect de l’environnement.” Un grand rassemblement de gens qui militeront avec leur coeur. Parce que oui, on parle des jeunes et de l’éducation, mais la question de fond me semble plus vaste que ça. Il ne s’agit pas simplement de savoir si oui ou non, on devra payer plus pour accéder aux études, mais plutôt de savoir jusqu’où les choix de société sont le reflet de l’ensemble collectif. On ne peut pas prédire comment se dénouera ce conflit, mais nous pouvons faire comprendre à ceux qui nous représentent que plusieurs individus ne sont pas d’accord et qu’ils espèrent mieux pour eux, pour la génération future et pour le bien de cette planète. 

Je ne pourrai être présente à vos côtés ce 22 avril, mais je tiens tout de même à offrir mon support aux gens qui aspirent à mieux pour notre collectivité. Je ne peux savoir si le gouvernement reviendra sur sa position, mais reste que ce qui se passe présentement  n’est pas en vain. Les gens s’aperçoivent que les jeunes sont passionnés et concernés par tout ces enjeux. C’est un premier pas, ne baissez surtout pas les bras! Que ce 22 avril 2012 soit rempli d’espoir, d’ouverture d’esprit… et du coeur. 

V. 

Notes

  1. veroniquebuist posted this